Quand il y a quelques mois nous avons décidé de partir en Égypte pour un séjour plongée, nous ne nous imaginions pas que nous allions vivre des vacances épiques ! Déjà nous n’étions pas plus emballés que ça à l’idée de partir en voyage organisé ( le premier et sans doute le dernier! ), mais hélas pour ce type de destination, nous n’avions pas vraiment le choix. Nous voyant réticents, l’agence a su trouver l’argument choc en nous offrant une croisière sur le Nil !

Nous voici donc partis pour Louxor où nous attend notre bateau de croisière, pour être tout à fait honnête, j’étais plutôt inquiète, au vu des reportages régulièrement diffusés et des avis clients, je m’attendais plutôt au pire… Finalement je suis plutôt agréablement surprise, le bateau et les cabines sont propres, il y a peu de passagers ( seulement une soixantaine alors qu’en général ces croisières accueillent plus de 300 personnes ) et le programme est plutôt sympa.

Bateau croisière sur le nil voyage en beauté

Le premier jour nous restons à quai et nous nous rendons en bus à Thèbes, la vallée des rois et la vallée des reines: ces sites situés sur la rive ouest du Nil regroupent plusieurs dizaines de tombeaux dont le temple funéraire de Ramsès III. Même si je ne suis pas une férue d’égyptologie, j’ apprécie ces visites et les paysages sont superbes.

Nous naviguerons ensuite vers Assouan en faisant escale à Esna, Edfou, Kom Ombo…Chaque escale est ponctuée de visites des temples dédiés aux dieux égyptiens, je me surprends à apprécier l’histoire de l’Égypte ancienne, d’autant plus que les sites sont déserts et que nous pouvons donc en profiter pleinement.

La navigation le long des berges du Nil est un enchantement, les paysages sont merveilleux, nous assistons à des scènes de vie uniques et ces instants sont précieux.

 

A notre arrivée à Assouan, nous découvrons une ville sublime aux portes du désert, et nous décidons contre l’avis virulent de notre guide Marmara de prendre notre indépendance pour visiter librement la ville et nous rendre à Abu Simbel par nos propres moyens ! Autant dire que nous sommes passés pour des fous auprès des autres voyageurs et que nous avons ensuite été mis en quarantaine par l’équipe pour le reste du séjour, ce qui n’était pas pour nous déplaire loin de là !

Nous sommes donc partis avec un chauffeur privé à Abou Simbel au beau milieu de la nuit, je n’en menais pas large, notre pilote conduisait tous feux éteints se guidant à la lumière de la lune et des étoiles au cœur du désert ! C’était terrifiant mais tellement beau ! A notre arrivée à Abu Simbel le soleil se levait sur le Lac Nasser et teintait de rouge les temples, nous étions seuls sur le site c’était magique !

Notre retour vers Assouan fût tout autant riche en émotions, nous avons croisé des méharées, vu des mirages, des oasis, notre chauffeur nous a invité à visiter des sites méconnus et délaissées par les touristes. Nous avons même eu la chance de voguer en felouque sur le Nil à la découverte des îles éléphantines, des cataractes et des villages nubiens : un enchantement !

On ne peut pas dire que l’accueil qui nous a été réservé à notre retour sur le bateau fut agréable, visiblement les consignes avaient été données et comme nous n’avions pas participé aux excursions prévues et payantes au prix forts par Marmara, nous n’avions pas droit aux boissons et autres petits plus généralement servis en rentrant d’excursions : mesquin ! en revanche les autres passagers étaient admiratifs de notre audace et nous sommes passés pour de grands aventuriers pour le reste du séjour 😉

Nous voici donc repartis vers Louxor pour les derniers jours de notre croisière avant notre transfert vers Hurghada et notre séjour plongée…

Et c’est là que notre croisière a viré au cauchemar. Alors que nous approchions en soirée de Louxor et que nous voguions à vive allure, je me suis soudain retrouvée les quatre fers en l’air dans ma cabine, comme si le bateau avait freiné brusquement ! Quelques secondes après j’ai vu mon mari débouler dans la cabine en criant :“Prends les papiers et l’argent, on va couler, on vient de se prendre le pont de Louxor !!!!!!”

Étonnamment je n’ai pas paniqué, j’ai regroupé les affaires importantes dans mon sac et me suis rendue sur le pont, là l’ensemble des passagers commençaient à affluer, certains criaient, d’autres pleuraient, certains s’étaient fait mal en tombant au moment du choc, chacun y allait de sa version des faits ou de sa blaguounette pour détendre l’atmosphère. Je n’étais toujours pas inquiète, il y avait certes beaucoup de courant, il faisait nuit noire, mais je voyais les lumières et les rives relativement proches, il ne pouvait rien nous arriver, d’autant plus que la bateau était maintenant immobilisé au milieu du Nil et ne semblait pas montrer de signes de fatigue… Les guides essayaient de rassurer les plus inquiets mais n’avaient pas l’air sur d’eux, le réceptif quant à lui était très dirigiste : en gros il ne s’était rien passé, circulez y a rien à voir, tout en demandant au personnel du bar de mettre la musique à fond pour masquer les conversations et les engueulades qui nous parvenaient depuis le poste de pilotage !

De 21h à 2h du matin ça a été le flou le plus total, les informations les plus contradictoires circulaient : on ne risquait rien et on pouvait retourner dans nos cabines, au contraire il fallait faire nos bagages et attendre qu’on vienne nous évacuer, par moment le bateau se mettait à giter et l’on voyait de l’eau couler le long des baies vitrées ou remonter par les lavabos. Chacun vivait son remake du Titanic ou Mort sur le Nil… Finalement sous la pression nous avons réussi à convaincre la plupart des passagers que nous ne pouvions pas rester ainsi dans l’incertitude et que nous devions exiger l’évacuation du navire, et c’est ainsi qu’après des heures de négociations tendues et de menaces nous avons enfin regagné la terre ferme avec nos valises. Nous avons été dispatchés dans les hôtels les plus luxueux de la ville et avons appris au petit matin que le bateau avait sombré…

Officiellement tant selon les autorités égyptiennes que selon les équipes de Marmara, il ne s’est rien passé ce jour là, aucun des passagers présents n’a souhaité se joindre à nous pour engager une action collective : tous s’estimaient heureux d’être sains et saufs et étaient ravis d’avoir terminé leur séjour dans un palace  ! Nous n’avons jamais obtenu de réponse ni de réparation de Marmara et avons laissé tomber après quelques mois en préférant rester sur les belles images de cette croisière sur le Nil !

 

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